Arnaques & Phishing

Arnaque Interac : comment ça marche et l'éviter

Illustration: Arnaque Interac : comment ça marche et l'éviter
6 min de lecture 0

Arnaque Interac : comment ça marche et comment l’éviter

L’arnaque Interac est devenue l’une des fraudes les plus répandues au Canada. Simple, rapide, et difficile à contester une fois que l’argent est parti — le virement Interac est devenu l’outil préféré des fraudeurs, justement parce que les transferts sont quasi-instantanés et souvent irréversibles. Ce guide décortique les techniques les plus utilisées et te donne les réflexes pour ne pas te faire piéger.


Pourquoi Interac est la cible idéale des fraudeurs

Interac e-Transfert est pratique pour tout le monde — y compris les fraudeurs. Contrairement à une carte de crédit, il n’y a généralement pas de protection “chargeback” sur un virement Interac. Une fois que tu confirmes l’envoi, l’argent est parti.

Les fraudeurs le savent. Ils construisent leurs arnaques précisément pour te forcer à utiliser Interac plutôt qu’une carte, sachant que tu ne pourras pas contester facilement.


Les arnaques Interac les plus courantes au Canada

1. L’arnaque du faux acheteur (Marketplace / Facebook / Kijiji)

C’est la plus répandue. Tu vends quelque chose en ligne. Un “acheteur” t’envoie un virement Interac dépassant le prix demandé (souvent pour une “raison logistique”) et te demande de lui rembourser la différence via Interac ou Western Union.

Ce qui se passe en réalité : la notification Interac que tu as reçue est un faux email. L’argent n’est jamais arrivé dans ton compte. Tu envoies la “différence” avec ton propre argent et tu ne récupères rien.

Comment l’éviter : ne jamais accepter de paiement dépassant le prix demandé. Toujours vérifier directement dans ton application bancaire (pas via l’email de notification) que l’argent est bien dans ton compte avant de remettre quoi que ce soit ou de faire un remboursement.

2. Le faux email Interac (phishing)

Tu reçois un email qui ressemble parfaitement à une notification Interac légitime. Le message dit qu’on t’a envoyé de l’argent — peut-être une prime, un remboursement, ou de la part d’un “ami”. Tu cliques sur le lien, tu entres tes informations bancaires. Le site est une copie parfaite. Tes identifiants sont maintenant dans les mains des fraudeurs.

Comment l’éviter : ne jamais cliquer sur un lien dans un email Interac. Connecte-toi directement à ton application bancaire ou au site web de ta banque (en tapant l’adresse toi-même) pour accepter un virement. Vérifie l’adresse email de l’expéditeur — les vrais emails Interac viennent de interac.ca, pas de Gmail, Hotmail ou des variantes comme e-interac.ca.

3. L’arnaque du logement

Tu cherches un appartement, tu trouves une annonce attrayante sur Kijiji ou Facebook Marketplace. Le “propriétaire” est en voyage (ou à l’étranger pour des raisons professionnelles) et ne peut pas te montrer l’appartement en personne. Il te demande de lui envoyer un dépôt via Interac pour réserver — premier et dernier mois, parfois plus.

Une fois l’argent envoyé, le propriétaire disparaît. L’appartement n’existe pas, ou appartient à quelqu’un d’autre qui n’t a rien à voir avec la fraude.

Comment l’éviter : ne jamais envoyer un dépôt sans avoir visité le logement en personne et avoir vérifié l’identité du propriétaire. Au Québec, tout bail doit être signé avec un propriétaire identifiable. Si quelqu’un refuse une visite, c’est une arnaque.

4. L’arnaque CRA (Agence du revenu) — Interac forcé

Tu reçois un appel (ou un message) prétendant venir de l’ARC (Agence du Revenu du Canada). On te dit que tu as une dette urgente, qu’un mandat d’arrêt a été émis contre toi, que tu dois payer immédiatement pour éviter l’arrestation. On te demande de payer via Interac, cartes-cadeaux iTunes ou crypto.

La réalité : l’ARC ne te contactera jamais par téléphone pour exiger un paiement immédiat. Elle n’accepte pas les paiements par Interac, cartes-cadeaux ou crypto. Si tu as une dette envers l’ARC, tu reçois une lettre et tu as des semaines pour répondre.

5. La fausse mise en contact bancaire

Quelqu’un t’appelle en se faisant passer pour ton institution financière. “Votre compte a été compromis. Pour sécuriser vos fonds, nous devons les transférer temporairement vers un compte sécurisé.” Ils te demandent d’envoyer tes propres fonds via Interac vers un compte “sécurisé” — qui est en fait leur compte.

La réalité : aucune banque ne te demandera jamais de transférer tes fonds par Interac pour les “protéger”. Raccroche et appelle ta banque directement au numéro qui figure sur le dos de ta carte.


Comment reconnaître un email Interac légitime

Un vrai email Interac :

  • Vient de l’adresse notifications@interac.ca ou d’un sous-domaine d’interac.ca
  • Ne contient pas de lien vers une page demandant tes identifiants bancaires complets
  • Te demande de choisir ta banque pour accepter le virement (et te redirige vers le site officiel de ta banque)
  • Ne crée jamais d’urgence artificielle (“Accept dans les 30 minutes ou les fonds seront perdus”)

Si tu as un doute : va directement dans ton application bancaire mobile. Si un virement t’a vraiment été envoyé, tu le verras là. Pas besoin de passer par l’email.


J’ai déjà envoyé de l’argent. Quoi faire ?

Agis rapidement — les premières heures sont cruciales.

1. Contacte ta banque immédiatement. Appelle la ligne anti-fraude de ton institution financière. Si le virement n’a pas encore été encaissé, il peut parfois être bloqué. C’est rare, mais ça vaut la peine d’essayer.

2. Signale au Centre antifraude du Canada. En ligne sur antifraudcentre-centreantifraude.ca ou par téléphone au 1-888-495-8501. Garde une copie de toutes les communications avec le fraudeur — emails, textos, numéros de téléphone.

3. Porte plainte à la police. Si le montant est significatif, dépose une plainte auprès de ton service de police local. Certains corps policiers ont des unités spécialisées en cybercriminalité.

4. Signale à Interac. Interac dispose d’un service de signalement de fraude. Même si tu ne récupères pas l’argent, tu contribues à identifier les comptes utilisés pour la fraude.


Les chiffres : l’arnaque Interac en 2025

Le Centre antifraude du Canada rapporte que les fraudes liées aux plateformes de vente en ligne et aux faux virements représentent des dizaines de millions de dollars de pertes chaque année pour les Canadiens. La majorité des victimes n’auraient jamais pensé tomber dans le panneau — ce sont souvent des gens prudents qui font face à une situation bien construite sous pression.


Résumé : les règles d’or

  1. Vérifie toujours dans ton application bancaire (pas via email) que l’argent est réellement là
  2. Personne ne t’envoie trop d’argent par accident — c’est toujours une arnaque
  3. L’ARC, ta banque, et Interac ne te demanderont jamais de payer via cartes-cadeaux ou crypto
  4. Si quelqu’un crée une urgence pour te faire virer de l’argent, c’est un signal d’alarme
  5. Ne visite jamais un logement ou un bien sans le voir physiquement d’abord

Tu as reçu un message Interac suspect ou tu penses avoir été victime d’une arnaque ? Contacte-moi à khalid@sequr.ca — j’aide les particuliers et les PME à évaluer les situations de fraude et à prendre les bonnes mesures.


Voir aussi : Arnaque Marketplace et Kijiji QuébecFaux appels CRA : comment reconnaître la fraude

Khalid Mokrini

Khalid Mokrini

Cyber Security Specialist

Fondateur d'Informatique Ste-Foy (depuis 2014) et de Sequr.ca. Certifié en cybersécurité des réseaux informatiques par l'École Polytechnique de Montréal. Plus de 1 000 clients servis au Québec.

540+ avis (4.7/5) Québec, Canada

Consultation personnalisée

Votre appareil est-il vraiment protégé ?

Un expert certifié analyse votre situation et vous propose un plan d'action concret, adapté à votre appareil et vos habitudes.

Demander une consultation

100 % à distance — Québec